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Le temps décomposé

  • Le risque est un moteur

    A notre époque, la question du risque est devenue un sujet majeur. Il y a quelques jours, j'ai suivi un colloque à Los Angeles lors duquel un intervenant a entrepris d'étudier notre peur du risque. Celui-ci prend en effet toujours plus de place dans notre horizon médiatique et nous change en profondeur. Les scientifiques portent une part de responsabilité dans cette affaire, puisqu'ils exhibent quotidiennement une nouvelle liste de risques que nous prenons à chaque instant: se nourrir avec des aliments transgéniques, s'intoxiquer près des axes de circulation, manger trop gras, etc. Le risque finit par prendre le pas sur tout le reste. Nous n’avons plus d'yeux que pour les risques, qu'il s'agisse d'un scénario japonais pour l’Europe ou d'un rarissime cas de vache folle. Aujourd'hui, nous évoluons dans un monde qui voit des risques pour tout. Leurs répercussions éventuelles sont généralement gonflées. Mais cette évaluation subjective des risques diminue aussi fortement la liberté de mouvement des autorités, qui doivent du coup jongler avec une population qui souhaite un monde au risque zéro. Tous les risques doivent être proscrits: pour les travailleurs, les patients, ou les automobilistes. Pour tous ceux-là, un même combat: le risque zéro, quel que soit le prix. Néanmoins, un monde dépourvu de risque serait totalement chimérique. Pourquoi ? Parce que le risque fait partie intégrante de notre ADN. Si nos aïeux n'avaient pas eu le goût du risque, ils n'auraient jamais quitté leurs grottes en quête de nourriture. Henry Ford était partisan du risque: il avait déjà cinq faillites derrière le dos avant de percer avec la production de masse de voitures particulières. S'il y a bien une chose dont je suis convaincu, c'est qu'il ne peut y avoir de progrès s'il n'y a personne pour prendre de risques. J'ai été très intéressé par les idées présentées lors de ce colloque. C'est à mon sens l'image même de ce à quoi une entreprise doit se mesurer : au risque. Pas de profit sans risque. Le désir collectif d’un État-providence où le risque n’existe pas nous coûte aujourd’hui de la richesse. Retrouvez plus de renseignements sur l'organisateur de séminaire entreprise à Los Angeles.

  • Les soutiens très coûteux au photovoltaïque et à l’éolien posé en mer

    En moins d’une décennie, le photovoltaïque est passé de la position de technologie renouvelable parmi les plus coûteuses à celle de technologie suffisamment compétitive pour concurrencer les moyens de production conventionnels. Le dispositif de soutien par obligation d’achat s’est adapté avec retard aux premiers retours d’expérience de l’intégré au bâti et à la baisse des coûts de la technologie. Ce retard a favorisé, à la fin de la première décennie des années 2000, la création d’une bulle spéculative. L’impact de cette bulle sur les finances publiques n’a pas été anticipé, ni même immédiatement mesuré. En septembre 2010, le rapport Charpin a révélé que la poursuite du dispositif aurait conduit à une puissance installée approchant le triple de l’objectif fixé pour 2020 et un coût proportionnel de 4,5 Md€/an au lieu de 1,5 Md€/an à l’horizon 2020. La charge totale aurait alors atteint 90 Md€ pour 17 GW installés. Cette situation de bulle a été traversée par d’autres pays européens, à l’image de l’Espagne. Un moratoire sur les projets photovoltaïques a été mis en œuvre fin 2010. A suivi une nouvelle architecture de soutien, articulant des tarifs modulables à la baisse et l’introduction d’appels d’offres pour les installations de plus de 100 kWc, redonnant ainsi au ministère chargé de l’énergie une capacité de pilotage de la filière photovoltaïque. Toutefois le poids des engagements antérieurs à 2011 aura encore pendant de longues années un impact majeur sur les dépenses de soutien. Selon la CRE, les arrêtés antérieurs au moratoire de 2010 auront engendré un coût pour les finances publiques de 38,4 Md€, pour un productible annuel de 4 TWh, soit environ 0,7 % de la production électrique française. Cela représente un coût du soutien de l’ordre de 480 €/MWh. Ces arrêtés pèseront encore à hauteur de 2 Md€ par an jusqu’en 2030, soit 30 % de l’ensemble des charges liées aux énergies renouvelables en 2018. La filière de l’éolien offshore posé en mer a quant à elle exclusivement été soutenue via des appels d’offres. Le premier, lancé en 2005, n’a débouché sur aucune construction après l’abandon du lauréat. Les deux appels d’offres conclus en 2011 et 2013 ont conduit à l’octroi d’un tarif d’achat de 217 et 212 €/MWh en 2022 (tarif évoluant ensuite avec une indexation sur l’inflation) pour une puissance totale de 3 GW. Lorsque ces projets entreront en fonctionnement, leurs charges représenteront, selon la CRE, 2,0 Md€/an, soit environ 40,7 Md€ sur 20 ans, pour une production de 11 TWh/an, c’est-à-dire 2 % de la production française d’électricité.

  • En montgolfière

    Le mois dernier, j'ai réalisé un voyage en Egypte. Deux semaines de croisière sur le Nil pour découvrir tous les principaux vestiges du pays. Si j'ai évidemment été impressionné par la splendeur de Louxor ou de Karnak (il faudrait être blasé au dernier degré pour ne pas être pantois par le gigantisme de ces sites), l'apothéose de cette croisière aura cependant consisté à découvrir le sphinx de Gizeh. Une découverte d'autant plus grandiose que je l'ai non seulement découvert par la voie de terre, mais aussi depuis la voie des airs, lors d'une escapade en montgolfière. Ce sphinx est peut-être le symbole le plus célèbre de l'Egypte (avec les pyramides qu'il garde, évidemment), mais son histoire est cependant rarement connue. Elle est pourtant fascinante à connaître. Les sphinx, selon les croyances égyptiennes, étaient les gardiens de portes et de lieux sacrés, et étaient associés au pouvoir royal et au dieu solaire. Le terme grec les désignant provenait d‘un verbe signifiant « étrangler » (d'où la légende du sphinx femelle de Thèbes qui étranglait tous ceux qui ne pouvaient résoudre sa fameuse énigme, jusqu'à ce qu'Oedipe passe par là). Le plus grand sphinx d’Égypte est évidemment celui que l’on trouve près de la pyramide de Khephren à Gizeh, dont le visage est le portrait du pharaon. Un monument dont la taille et l'ancienneté donnent le frisson : placé face au soleil levant, il a assisté à plus d‘un million de levers de soleil. Il pourrait avoir été sculpté dans un bloc de calcaire abandonné par les bâtisseurs de la pyramide de Khephren, mais selon certaines théories, c'est le père de Khephren, Khéops, qui le fit réaliser. Il pourrait aussi être beaucoup plus ancien et avoir existé bien avant les pyramides. Bref, autant dire que le Sphinx délivreur d'énigme reste lui-même une énigme. Une étrange histoire – fantastique, forcément – lui est associée. Le sphinx était en effet recouvert de sable jusqu'au cou, à une époque. Jusqu'à l’époque de Touthmôsis IV, qui le vit en rêve. Le rêve lui annonçait qu'il occuperait le trône d’Égypte s’il restaurait le sphinx. C’est ce qu’il fit vers 1400 av. J.-C... et il devint pharaon. C'est pourquoi, entre ses immenses pattes, on trouve aujourd'hui une stèle, dite la Stèle du rêve, qui commémore cet événement, et sur laquelle est inscrite : « Le sable du désert sur lequel je suis posé m'a recouvert. Sauvez-moi ». L’une des plus anciennes et des plus grandes statues monumentales, le sphinx de Gizeh mesure 57 m de long, 6 m de large et 20 m de haut. En arabe, il est appelé Abu al-Hol (« père de la Terreur »). Il fut endommagé par un roi musulman fanatique en 1380 (ce qui n'est malheureusement pas sans rappeler une certaine actualité : le musée de Mossoul, la cité historique de Nimroud...). Il fut même utilisé comme cible d’entraînement par des soldats. Selon la légende, il existerait des passages secrets dans son visage. Le fait est en tout cas qu'il comporte trois tunnels découverts par des archéologues, mais qui semblent ne mener nulle part. Son visage a quant à lui perdu son nez, mais l’on ne sait si cela est dû à un acte de vandalisme ou aux effets du temps. Une énigme de plus pour ce monument qui en comporte décidément beaucoup ! Même si beaucoup de questions le concernant resteront sans doute à jamais sans réponse, c'est en tout cas un magnifique monument à contempler. Surtout depuis les airs, loin de la foule, dans les premiers rayons du soleil levant. C'est une expérience presque mystique à vivre, dont je me souviendrai longtemps. A lire sur le site internet de cette activité de vol en montgolfière à Cholet.