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Le temps décomposé

  • En montgolfière

    Le mois dernier, j'ai réalisé un voyage en Egypte. Deux semaines de croisière sur le Nil pour découvrir tous les principaux vestiges du pays. Si j'ai évidemment été impressionné par la splendeur de Louxor ou de Karnak (il faudrait être blasé au dernier degré pour ne pas être pantois par le gigantisme de ces sites), l'apothéose de cette croisière aura cependant consisté à découvrir le sphinx de Gizeh. Une découverte d'autant plus grandiose que je l'ai non seulement découvert par la voie de terre, mais aussi depuis la voie des airs, lors d'une escapade en montgolfière. Ce sphinx est peut-être le symbole le plus célèbre de l'Egypte (avec les pyramides qu'il garde, évidemment), mais son histoire est cependant rarement connue. Elle est pourtant fascinante à connaître. Les sphinx, selon les croyances égyptiennes, étaient les gardiens de portes et de lieux sacrés, et étaient associés au pouvoir royal et au dieu solaire. Le terme grec les désignant provenait d‘un verbe signifiant « étrangler » (d'où la légende du sphinx femelle de Thèbes qui étranglait tous ceux qui ne pouvaient résoudre sa fameuse énigme, jusqu'à ce qu'Oedipe passe par là). Le plus grand sphinx d’Égypte est évidemment celui que l’on trouve près de la pyramide de Khephren à Gizeh, dont le visage est le portrait du pharaon. Un monument dont la taille et l'ancienneté donnent le frisson : placé face au soleil levant, il a assisté à plus d‘un million de levers de soleil. Il pourrait avoir été sculpté dans un bloc de calcaire abandonné par les bâtisseurs de la pyramide de Khephren, mais selon certaines théories, c'est le père de Khephren, Khéops, qui le fit réaliser. Il pourrait aussi être beaucoup plus ancien et avoir existé bien avant les pyramides. Bref, autant dire que le Sphinx délivreur d'énigme reste lui-même une énigme. Une étrange histoire – fantastique, forcément – lui est associée. Le sphinx était en effet recouvert de sable jusqu'au cou, à une époque. Jusqu'à l’époque de Touthmôsis IV, qui le vit en rêve. Le rêve lui annonçait qu'il occuperait le trône d’Égypte s’il restaurait le sphinx. C’est ce qu’il fit vers 1400 av. J.-C... et il devint pharaon. C'est pourquoi, entre ses immenses pattes, on trouve aujourd'hui une stèle, dite la Stèle du rêve, qui commémore cet événement, et sur laquelle est inscrite : « Le sable du désert sur lequel je suis posé m'a recouvert. Sauvez-moi ». L’une des plus anciennes et des plus grandes statues monumentales, le sphinx de Gizeh mesure 57 m de long, 6 m de large et 20 m de haut. En arabe, il est appelé Abu al-Hol (« père de la Terreur »). Il fut endommagé par un roi musulman fanatique en 1380 (ce qui n'est malheureusement pas sans rappeler une certaine actualité : le musée de Mossoul, la cité historique de Nimroud...). Il fut même utilisé comme cible d’entraînement par des soldats. Selon la légende, il existerait des passages secrets dans son visage. Le fait est en tout cas qu'il comporte trois tunnels découverts par des archéologues, mais qui semblent ne mener nulle part. Son visage a quant à lui perdu son nez, mais l’on ne sait si cela est dû à un acte de vandalisme ou aux effets du temps. Une énigme de plus pour ce monument qui en comporte décidément beaucoup ! Même si beaucoup de questions le concernant resteront sans doute à jamais sans réponse, c'est en tout cas un magnifique monument à contempler. Surtout depuis les airs, loin de la foule, dans les premiers rayons du soleil levant. C'est une expérience presque mystique à vivre, dont je me souviendrai longtemps. A lire sur le site internet de cette activité de vol en montgolfière à Cholet.

  • Aider les entreprises à aller plus loin : l'export comme levier de croissance

    Environ 125000 entreprises exportent chaque année en France. Le nombre d’entreprises exportatrices est nettement plus élevé en Allemagne et en Italie, pays qui connaissent des performances à l’exportation plus favorables qu’en France. L’appareil exportateur français est extrêmement concentré. Les 1000 premiers exportateurs, soit moins de 1 % des entreprises exportatrices, concentrent, en effet, 70 % de la valeur des exportations françaises. Inversement, les PME constituent 95 % des exportateurs mais ne génèrent que 14 % des exportations. Au sein de cette population, les taux de rotation de la présence à l’international, d’une année sur l’autre, sont élevés : chaque année, environ un exportateur sur quatre cesse d’exporter. Les travaux de l’Observatoire sur le financement des exportations des entreprises françaises doivent permettre de voir dans quelle mesure l’écosystème du financement des exportations peut être amélioré. Les dépenses concernées sont de nature très variée et correspondent à différents stades du processus d’internationalisation de l’entreprise (prospection, sécurisation des transactions, financement de l’acheteur, cautions et garanties, investissement à l’étranger). La plupart de ces dépenses sont immatérielles, qu’il s’agisse de financer de la prospection ou bien du BFR. De ce point de vue, certaines difficultés avancées dans le cadre des travaux précédents de l’Observatoire sur le financement de l’immatériel et de la transformation numérique peuvent se retrouver ici. Une attention particulière se portera sur les PME, y compris les TPE (à condition de disposer d’un potentiel en matière d’exportations), et il s’agira de voir, après avoir présenté les diffé- rents dispositifs, soutiens financiers publics ou offre privée, si les entreprises connaissent suffisamment bien les différents outils existants et les utilisent de manière appropriée. L’évolution de l’offre privée sera également éclairée : développement de fintech spécialisées dans le financement du commerce international, finance participative, e-export, perspectives en matière de mise en œuvre du principe de la blockchain pour le financement du commerce international. Les travaux de l’Observatoire s’inscrivent dans le cadre de la réflexion en cours sur le Plan d’action, de croissance et de transformation des entreprises (PACTE) présenté par le gouvernement et qui aboutira au dépôt d’un projet de loi au printemps 2018.

  • Une opération communication totalement ratée

    On croit souvent que les politiciens sont de vieux loups de mer, des singes à qui l'on n'apprend pas à faire la grimace. Et pourtant, ils se vautrent parfois de façon si spectaculaire que c'est à croire qu'ils n'y connaissent rien. A preuve, ce qui s'est produit à Lille hier. Le Front National y a en effet tenu un congrès au Grand Palais, où deux événements ont été mis à l'honneur : 

    1. La réélection de MLP à sa tête

    2. L'annonce d'un changement de nom pour le parti, qui deviendra sous peu le Rassemblement national.

    Ce qui est étonnant dans cette affaire, c'est que ces deux annonces sont totalement contradictoires. Comme pourrait en témoigner la droite républicaine, qui a changé plusieurs fois de nom ces dernières années (RPR, UMP, LR), le changement de nom est une façon bien pratique de faire oublier les affaires judiciaires, et de faire croire aux électeurs qu'il y a là un renouveau : un nouvel élan, de nouvelles idées, et une plus grande probité. Mais pour que ce changement soit cru de la part des électeurs, il faut bien évidemment un ingrédient essentiel : que le parti qui change de nom change également de leader, pour faire preuve de son renouvellement. En se faisant réélire à la tête de son parti, MLP a donc montré que ce changement de nom était un changement de pure forme, un coup de comm' très mal pensé et organisé qui ne convaincra de fait personne. Je ne soutiens en aucun cas ce parti et ses membres, mais je dois dire que celui-ci a perdu un atout majeur avec le départ de Florian Philippot. Lui, au moins, avait une certaine intelligence en matière de communication. On ne peut donc que se réjouir de son départ : en l'absence de cerveaux à sa tête, le Front national (ou Rassemblement national, c'est comme vous voulez) représente un risque bien moindre dans le paysage politique !